Ces derniers jours, beaucoup ont eu la même réaction : « Hein ? Un jeu de catch sur Game Boy à 40 € complet ? Mais ça valait 15 € y’a deux semaines ! »
La raison ? Le décès de Hulk Hogan. Immédiatement, les vendeurs opportunistes ont flairé le coup et gonflé leurs prix. Bienvenue dans le monde pas très joli de la spéculation émotionnelle.


Qu’est-ce que la spéculation émotionnelle ?

C’est simple : une personnalité iconique disparaît, et certains tentent de transformer la tristesse collective en business express.
On n’est pas sur une hausse naturelle de la demande, ni sur une raréfaction des exemplaires. Non, on est sur du pur réflexe de spéculation.
Un peu comme si vous arriviez à une brocante, et que le vendeur collait une étiquette « collector » sur un jeu juste parce qu’il a entendu un reportage nostalgique la veille.

Hulk Hogan : quand le catch fait gonfler les cotes

Reprenons l’exemple cité en introduction de WWF Superstars sur Game Boy en version japonaise. Prixel l’estime 15 € complet en moyenne.
Aujourd’hui, on en voit affichés à 40 € ou plus. Spoiler : aucun collectionneur sérieux n’a décidé du jour au lendemain de tripler son budget catch, catégorie de jeux plutôt destinée à ne pas valoir trop cher, comme nombre de jeux de sports et de combat.

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Bien entendu, il existe toujours des exceptions, mais ces dernières ne justifient absolument pas une tendance générale.
C’est juste que des vendeurs testent les limites de ce que des acheteurs émus (et pas forcément informés) sont prêts à mettre pour “honorer la mémoire du Hulkster”.

Ce n’est pas la première fois…

Des exemples, on en a à la pelle :

  • À la mort de Kazuki Takahashi, créateur de Yu-Gi-Oh!, en juillet 2022, une vague d’achats frénétiques a touché certains jeux dérivés de la licence. Si cela a plutôt fonctionné pour la cote des cartes, celle des jeux vidéo est retombée aussi vite qu’un soufflé.ous parait important d’effectuer uÀ la mort de Kazuki Takahashi, créateur de Yu-Gi-Oh!, en juillet 2022, une vague d’achats frénétiques a touché certains jeux dérivés de la licence. Si cela a plutôt fonctionné pour la cote des cartes, celle des jeux vidéo est retombée aussi vite qu’un soufflé.
  • Les jeux Nintendo après la disparition de Satoru Iwata, en particulier ceux sur lesquels il a participé directement : +30 % des prix de revente temporairement, avant un retour à la normale.
  • Sur Star Wars, des décès d’acteurs ont aussi entraîné une spéculation sur les jeux eux‑mêmes. Mais aucun cas flagrant où la mort d’un acteur de la franchise ayant réussi à booster durablement un jeu vidéo en particulier est à noter.

Vous aussi, vous pouvez tenter de trouver d’autres cas assez facilement. Vous identifiez une star qui nous a quittés plus ou moins récemment, vous cherchez s’il existe un ou plusieurs jeux liés à son nom, et vous observez l’évolution des prix de vente sur les mois autour de sa date de décès. Il y a fort à parier que vous constaterez le même phénomène. D’ailleurs, cette situation, si elle est vraie dans le milieu vidéoludique, concerne le marché de l’occasion dans son intégralité. Il suffit de se tourner, par exemple, vers les Comics Marvel à la mort de Stan Lee pour retrouver une nouvelle fois cette spéculation peu glorieuse : flambée immédiate, correction progressive ensuite.

Ces hausses ne tiennent jamais sur le long terme. Les données de ventes (celles qu’on suit sur Prixel) montrent systématiquement (ou presque, on y revient un peu plus loin) un retour à la cote “normale” après la vague d’émotion.

Comment éviter de se faire pigeonner ?

Un conseil simple : ne confondez pas prix affichés et prix vendus.
Ce n’est pas parce qu’un vendeur met un WWF Superstars à 40 € que quelqu’un l’achète.
Sur Prixel, on se base uniquement sur les transactions réelles. De fait, la cote actuelle reste bien autour de 15 €, malgré les annonces gonflées. Si toutefois, cela semble évident pour nombre d’entre vous qui nous lisez (et c’est tant mieux !), il nous parait important d’effectuer une piqûre du rappel sur les dangers de ces tentatives de spéculation émotionnelle.

En effet, comme souvent sur ce domaine, il suffit parfois d’un précédent, d’une personne s’étant fait avoir et achetant un jeu au prix gonflé pour que la prochaine tentative de vente à ce même tarif s’en retrouve justifiée puisque ça s’est déjà fait. C’est le cas de Moonwalker, jeu à l’effigie de la star Michael Jackson qui, à sa mort en 2009, a vu ses prix plus que doubler alors. On pourrait dire que la chose est totalement scandaleuse, mais le fait est que sa cote a connu une telle flambée, bien que cela ait fini par se calmer au bout de quelques semaines, que le jeu est resté tout de même bien plus cher qu’avant son décès, en particulier aux Etats-Unis.

Nos 3 règles d’or anti-surenchère :

  1. Vérifiez l’historique : si un jeu valait 15 € hier, il ne vaut pas soudainement 40 € aujourd’hui.
  2. Prenez votre temps : la hype s’essouffle vite. Attendre quelques semaines suffit souvent à retrouver les prix normaux.
  3. Achetez par passion, pas par panique : Hulk Hogan n’a pas besoin que vous vidiez votre compte pour lui rendre hommage. Si si, on vous assure !

Jouons malin

La spéculation émotionnelle, c’est le miroir déformant du marché rétro. Elle joue sur l’affect, mais pas sur la réalité.
Alors la prochaine fois que vous voyez un prix doubler parce qu’une star nous a quittés, souvenez-vous : la valeur d’un jeu se construit sur son histoire, sa demande et sa rareté réelle. Pas sur un coup de com’ morbide.

👉 Et pour suivre les vraies cotes, sans se laisser embobiner par les vendeurs opportunistes, il y a toujours Prixel !