Allez, on embarque pour un tour d’horizon des jeux NES qui font flamber les enchères sur notre vieux continent. Pas juste parce qu’ils sont rares, mais parce qu’ils ont une vraie histoire, un twist, une distribution tordu… Bref, de quoi étaler ton expertise Prixel en grandes lettres.


10. Zen Intergalactic Ninja – ~487 €

Konami sort Zen Intergalactic Ninja en fin de cycle NES, d’abord en mars 1993 puis en octobre sur notre continent, alors que la Super Nintendo phagocyte déjà le marché. Le jeu s’est, sans surprise, trouvé avec un tirage européen très limité (PAL‑B, distribution exclusivement allemande via Palcom), le rendant presque confidentiel. De fait, il est tombé sous les radars. Alors certes, Le jeu était ambitieux : on incarne un ninja écolo, avec une thématique souvent écartée du domaine vidéo-ludique, avec sections isométriques façon MicroMachines et side‑scroll, le tout estampillé du badge Konami, gage de qualité presque mécanique .

Pourquoi cette flambée alors ? On est sur une combinaison fatale vue à maintes reprises : fin de cycle + peu distribué en Europe + packaging PAL‑B avec manuel allemand. Cerise sur la cartouche : le gameplay est sympathique. Le tout fait vibrer les collectionneurs qui cherchent la perle rare. Et sur un marché où chaque détail compte – boîte, notices, codes PAL – les pièces complètes deviennent des trophées chèrement disputés, malheureusement.


9. Little Samson – ~562 €

Ah, Little Samson, on pourrait y consacrer tout un article… perle tardive sortie en mars 1993 en Europe, et frappée par un marketing aussi discret que le jeu est remarquable. Un bijou d’action‑plateforme signé Takeru/Taito, dirigé par Shinichi Yoshimoto (Ghouls’n Ghosts, Strider), avec design sonore et visuel fins. Son gameplay était techniquement impressionnant, sa réalisation était clairement haut de gamme… mais… pratiquement aucun moyen de promotion. Tirage famélique en Europe (quelques milliers tout au plus de ce que l’on a pu constater, même si les chiffres exacts manquent), et quasiment aucune publicité ou test presse… On a donc un jeu obscur, chéri des connaisseurs.

A ce jour, il faut se lever de bonheur pour le trouver en état complet, et surtout dans une version authentique, car cela n’arrive qu’une à deux fois par an.


8. Lethal Weapon – ~648 €

Sorti là encore en fin de cycle, Lethal Weapon a vu le jour en Europe en 1992, avec une distribution européenne bâclée. En effet, Ocean avait semble-t-il les yeux déjà tournés vers la Super Nintendo et son réseau de distribution sur le continent n’était pas des plus efficaces à ce stade : certains pays n’ont jamais vu la version NES du jeu en rayon.

Si certains diront que Lethal Weapon est d’une qualité moyenne, la hype cinéphile et la nostalgie semblent clairement faire aujourd’hui le job, générant une demande assez élevée face au nombre d’exemplaires que l’on peut trouver…


7. Mr. Gimmick – ~873 €

Ce petit bijou japonais rebaptisé Mr. Gimmick en Scandinavie est un cas typique de « j’ai tout pour plaire, mais personne ne l’a vu ». Sunsoft calcule mal le peu d’intérêt porté à la NES en occident en 1993, et annule toute sortie américaine et dans les principaux pays européens. Seule la Suède (via Bergsala) donne le feu vert à une sortir microscopique – quelques milliers d’exemplaires tout au plus, uniquement dans les pays nordiques.


Du gameplay technique au pixel près, de la musique enrichie par une puce sonore Sunsoft 5B, et des niveaux ambitieux visuellement : le jeu a absolument tout ce que la NES peut offrir de mieux à cette période. Mais voilà, avec une telle rareté, la cote du jeu a frôlé les 1 000 € très rapidement, dès 2013 pour les premières données que l’on a pu relever


    6. Phantom Air Mission – ~892 €

    Ce titre, adapté d’un simulateur PC (Flight of the Intruder), sort en 1992 discrètement en Europe sous la bannière d’Imagineering/Activision. Pas de pub, pas de test ; en somme, un béni des cieux pour les collectionneurs qui ne le découvrent que des années plus tard.

    Les ingrédients de ce prix ?

    • Tirage ultra limité, quasi pas de marketing.
    • Concept atypique pour la NES : simu de vol crédible, batailles aériennes.
    • Package complet aujourd’hui quasi introuvable : boîte, notice et cartouche trouvables ensemble dans la même annonce relèvent de l’exploit.

    5. R.C. Pro-AM II – ~954 €

    Suite attendue d’un hit Rare, R.C. Pro-AM II sort en 1992 uniquement en PAL, à faible tirage.
    Certains spéculateurs semblent penser qu’il s’agit d’un bon investissement pour ces raisons : un tirage limité, une licence assez culte, et une version exclusive à notre continent recherchée partout dans le monde.

    Heureusement, la réédition du jeu cette année par retro-bit a un peu calmé le jeu, et la cote qui avoisinait alors les 1 500 € en 2018 vient de passer tout récemment sous la barre des 1 000 €.


    4. Flintstones : Surprise at Dinosaur Peak – ~1 014 €

    Ce titre Hanna-Barbera, sorti en Europe en février 1994 (PAL), est l’un des derniers jeux NES. Peu distribué, rarement testé, et sa version US aurait été proposé uniquement en location – bien qu’aucun document ne le confirme.
    Pour expliquer des ventes de jeu en état complet à plus de 1 000 € en moyenne, on peut évoquer ces facteurs :

    • Dernière dose de NES : sortie trop tard pour qu’on s’y intéresse sur le moment, mais un « besoin » de rattraper cet oubli plus tard chez certains profils de collectionneurs.
    • Distribution quasi invisible : quelques stocks en boutique, peu de marketing.
    • Licence Fred & Barney : attirance pour la nostalgie de la série TV, malgré un gameplay quelconque, renforce le culte du rare.
    • Collector zone EUR : introuvable ailleurs et donc le fruit de nombreuses surenchères pour se le procurer.

    3. Mighty Final Fight – ~1 144 €

    En 1993, Capcom balance un beat’em up sur NES, et c’est d’ailleurs le dernier que le studio publiera sur la console. Mais la 16‑bits est là depuis quelques temps déjà, et le titre arrive sur un marché NES en chute. En conséquence, un faible tirage et une version européenne surtout concentrée en Allemagne.

    Résultat, une cote dépassant le millier d’euros depuis désormais 2020, et une vente récente constatée fin 2024 à pratiquement 4 000 € ne risque pas de changer la donne de sitôt…


    2. Stack-Up – ~1 456 €

    Ce puzzle-game Nintendo pur jus (sortie PAL 1992) est un OVNI. Pas un hit, pas une licence, pourtant introuvable après sa sortie. Pourquoi cette flambée des prix alors ?

    • Invisibilité totale : aucune campagne marketing sur le jeu en lui-même.
    • Format pack-in ultra-rare : vendu de base avec l’accessoire R.O.B, le jeu a malgré tout été distribué – très faiblement – dans certains pays seul
    • Genre puzzle peu suivi en Europe : rien de factuel certes, mais on peut déduire que le jeu touche un public de niche, mais un public fidèle.

    1. Snowboard Challenge – ~3 380 €

    Le roi absolu. Ce jeu de snow est sorti courant 1990, mais possède tirage microscopique en Espagne essentiellement, et un peu en France via l’import. On parle ici d’une rareté absolue, rencontrée tout au plus 4 fois depuis 2018.

    Il va sans dire qu’il s’agit du titre le plus rare pour la Nintendo Entertainment System et représente probablement le Saint-Graal de nombreux collectionneurs en quête de full set !


      Vous l’aurez compris, les raisons de ces prix sont essentiellement liés à un tirage déjà limité dès la sortie de ces titres, phénomène amplifié au fil des ans. Bien que l’on ne soit pas forcément fan de l’explication « c’est cher parce que c’est rare » utilisée souvent à tort et travers, force est de constater ici que ces 10 jeux en sont une parfaite illustration. Cela justifie-t-il pour autant des prix autour des 1 000 € ? Ça, c’est un autre débat…